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Analyses - 3 impératifs

Par Sébastien

Le mouvement démocrate doit profiter du virage libertaire créé par la dynamique de sa naissance pour faire le point sur ses atouts et ses défauts. Car ne nous y trompons pas les démocrates ne sont pas venus là ex-nihilo, ils sont une famille politique qui tente de s’assumer à part entière en redéfinissant ses règles malgré les institutions.

Voici donc trois impératifs :

I. Impératif populaire

L’Udf a toujours regorgé de personnalités vraiment talentueuses qui ont su mieux que nulles autres démontrer la complexité des choses, l’imbrication des problèmes et leurs retombées, au Centre le diagnostic est bon. Sur l’Europe, la fiscalité et dans tant d’autres domaines, Bayrou, Barre ont été les meilleurs pédagogues. MAIS… il faut trouver des solutions et c’est ça l’impératif populaire. Quand ma maison brûle, je me moque bien de savoir si elle brûle du fait d’être en bois ou en pâte à modeler, ce qui m’intéresse c’est que l’on me la répare et qu’elle ne rebrûle pas. Quittes à être un peu populistes, nous ne sommes pas là pour refaire le monde sur papier mais là pour régler les problèmes qui se posent aux Français. Le pragmatisme c’est donc d’abord de faire des choses, c’est ce préoccuper directement des citoyens et de leurs attentes.

II. Impératif d’avis

Nous avons une vulgate (c’est le projet Bayrou) et nous ne sommes pas sans idées donc pas sans avis. S’abstenir doit être périlleux et rare, et en aucun cas un confort.

III. Impératif d’impartialité

La solution est dans un certain fédéralisme qui assume de soutenir des personnalités intègres, au bilan plus que correct sans forcément d’emphase et quelques fois avec du pis aller.


Voilà l’élu démocrate de mes rêves :

Concret et non idéologue

Courageux et non mou

Véridique et Libre … et non sur abonnement


On ne peut pas créer un mouvement dont la seule référence est “je suis au centre”, c’est à dire je prends ce qu’il y a de bon “à gauche” et “à droite”. Il faut au contraire définir une idéologie et la défendre comme étant la seule alternative viable pour la bonne gouvernance d’un pays moderne.


Si l’on regarde les courants d’idées qui ont dominé le débat politique dans les pays occidentaux pendant les 100 dernières années tous ont pratiquement échoué sauf dans les pays scandinaves et quelques autres exceptions.

Il y a en gros trois courants (je laisse les extrèmes de côté) :

le courant conservateur/néo-conservateur
le courant social-libéral/social-démocrate
le courant socialiste/communiste

En commençant par le dernier, son échec est flagrant. Il a soit généré d’horribles dictatures, soit dans le meilleur des cas (en gros l’exemple français) en une société sclérosée dont le chapitre des avantages sociaux est en gros réservé à des nomenclatures et non aux vrais pauvres. Il n’a ni enrayé la pauvreté et les inégalités, ni même favorisé la croissance et l’accumulation de richesses. Il tend à former des partis à pensée unique et encourage une illusion de “défense des pauvres” car fondé sur des concepts philosophiques et économiques erronés. Ce courant est historiquement mort et n’est en gros représenté en Europe aujourd’hui que par des partis d’extrême-gauche et par des “socialistes” en complète déconfiture. Il ne subsiste que parce qu’une partie des masses soutient encore l’illusion surtout par réflexe anti-conservateur et que ses nomenclatures “régime spéciaux” se battent pour conserver leurs privilèges. Sa base sociale (”masse laborieuses”) l’a quitté pour le mirage néoconservateur.

Son opposé classique, soit sous forme conservatrice classique (étatique à la française) ou capitalisme sauvage “laissez-faire” dont le représentant n°1 sont les USA a lui su créer et accumuler d’immenses richesses mais celles-ci n’ont bénéficié à l’ensemble de la population (ou du moins à sa vaste majorité) que dans de courtes périodes. Ce système crée des inégalités criantes et idéologiquement en résulte en un individualisme exacerbé qui se moque du bien commun. Environementalement il est désastreux et la recherche du profit le rend souvent belliqueux. Dans les cas les plus mauvais il peut devenir dictatorial si les tensions sociales qu’il crée menacent sérieusement les privilèges des plus nantis. la France a été en gros gouvernée par ce modèle, tempéré par une peur constante de tensions sociales tournant à la violence, ce qui en a résulté une stagnation économique et des parachutes sociaux réservés seulement à certains, en laissant beaucoup sur compte. Sa variante actuelle, le sarkozysme, n’en est pas une rupture mais une continuation cachée par des mesurettes et une politique de communication.

Le modèle social-libéral (représenté aujourd’hui par des pays comme le Canada, la N.Zélande et surtout les pays scandinaves) a lui su trouver un compromis entre les besoins inhérents à l’économie de marché (accumulation de richesses et croissance) et une protection sociale inégalée de l’individu. Dans les pays que je nomme (surtout les scandinaves) la pauvreté a quasiment disparu, le niveau de santé est le meilleur au monde, le débat démocratique est consensuel et élaboré et les avancées technologiques importantes. La protection de l’environnement y est aussi la meilleure. Ces pays sont rarement engagés en guerres injustifiées et les tendances dictatoriales inexistantes.
Le social-libéralisme ne diffère de la social-démocratie que par le degré d’intervention de l’état et ces deux sous-courants ont tendance à merger aujourd’hui.

pour réussir le MoDem doit se définir de cette pensée social-libérale-démocrate et le définir comme le seul modèle valable pour la France et en faire le modèle triomphant.

Sa devise est Liberté-Equité-Solidarité.

Si le MoDem ne fait pas triompher ce modèle, le risque est qu’il ne devienne qu’un pis-aller ou dans le meilleur des cas un arbitre. Mais ce sont rarement les arbitres qui font gagner les matchs. ce sont les joueurs, le coach et l’esprit d’équipe qui le font.

Même si les démocrates semblent être nouveaux , en réalité ils remontent à une longue tradition.
Ce qui fait la nouveauté c’est qu’ils n’ont jamais pu être autonomes, beaucoup les découvrent aujourd’hui et beaucoup s’y retrouvent.



Date de création : 07.09.2007 @ 23:52
Dernière modification : 26.04.2008 @ 09:54
Catégorie : Analyses
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