Pour une stratégie politique asymétrique D'après Thucydide (pseudo sur e-soutiens)
Il faut avoir les moyens de sa stratégie, comme il faut avoir les moyens de sa politique. Ou alors, il faut changer de stratégie. Quels sont "les moyens" du Mouvement Démocrate? Des adhérents assez nombreux.... et pratiquement rien d'autre! Dans le domaine militaire, se battre contre un adversaire qui a "les moyens" quand soi-même on n'en a pas s'appelle "guerre asymétrique", "guerilla" ou "résistance", et par dévoiement "terrorisme". C'est la guerre du fusil contre le char d'assaut...... Et c'est désormais bien connu. François Bayrou a même evoqué le terme de commando Lorsque François Bayrou parle de "Résistance", il fait aussi allusion à la stratégie à adopter pour les actions immédiates : la "politique asymétrique". L'action asymétrique a TOUJOURS un HORIZON A LONG TERME. Toutes les guerres d'indépendance ont été longues. Toutes ont suivi un canevas similaire : - refuser le "contact" : on ne frappe qu'à coup sûr (ce qui demande une longue préparation) et on refuse systématiquement l'affrontement rangé. - occuper les "vides": la montagne les campagnes la jungle . Laisser l'ennemi dans ses garnisons, ses forts, ses villes fortifiées. - harceler les voies de communication. Pour asseoir son autorité, l'ennemi a besoin de relier ses points d'appui entre eux : c'est son point faible. Un "convoi" est une embuscade ambulante... - bien sûr, désorganiser les activités "civiles". Le "syndrome de Stockholm" joue à plein quand les services quotidiens sont perturbés durablement. De plus, la nécessité de contrôle générée par l'insécurité a tendance à "monter" la population contre "les forces de l'ordre". Enfin, le plus important, sans doute: le "recrutement": - "les forces de l'ordre" auront tendance à s'appuyer sur les notables locaux, pour étayer les arguments de "ralliement" des populations. C'est quasi-mécanique: elles n'ont pas le temps, et sont contraintes à des résultats "rapides" sauf à voir pourrir la situation. - "la Résistance", une fois acceptée l'hypothèse du long terme, aura le temps. elle recrute de préférence dans la population, et se fournit en cadre parmi les couches moyennes. Dans cette configuration, un Postier "vaut" beaucoup plus qu'un Maire qui sera de toute façon déconsidéré (par sa collaboration forcée ou volontaire), et un Agent de Maîtrise plus qu'un PDG. Lorsque les circonstances deviennent favorables, alors et alors seulement le soulèvement général a des chances de succès . Auparavant, l'action la plus "payante" est le harcèlement et le renseignement. D'où la stratégie que je propose pour les mois à venir, étant donné que notre manque de moyens matériels nous impose une stratégie asymétrique. - utiliser notre "pouvoir de nuisance". Même en période de majorité confortable, les élections se gagnent toujours "à la marge", cette frange d'environ 20% d'indécis ou d'abstentionnistes potentiels. Dans ces conditions chaque voix compte, et nos "recommandations" peuvent dans un grand nombre de cas signifier la victoire ou la défaite. Dans ce cas de figure, il n'est même pas nécessaire de présenter une liste : faire campagne "pour" ou "contre" suffit à nous amener à la table des négociations. - refuser le contact. Sun Tzu, le plus grand stratège de tous les temps a dit deux choses: "tirer l'épée en dernier ressort, car c'est un aveu d'échec", et "il y a des batailles qu'il ne faut pas mener, des fleuves qu'il ne faut pas traverser, des villes qu'il ne faut pas prendre". Il faut manoeuvrer pour que l'adversaire déclare forfait: c'est tout l'art de la politique. Se battre est à la portée de n'importe qui; gagner sans se suicider (la "victoire à la Pyrrhus" de triste mémoire) est beaucoup plus difficile. Et les "alliances" sont des batailles rangées. Tout comme d'ailleurs les grandes villes: les "points d'appui", les "forts" du système bi-partite actuel que nous dénonçons. Car là, ce sont des batailles rangées à mener, pour lesquelles nous n'avons pas le moyens matériels de la victoire, alors que l'adversaire les a. - occuper les vides: "attaquer" les petites villes, les villages, des objectifs à la portée de nos moyens; "mettre le paquet" sur les Cantonales. Nombre réduit d'électeurs et d'éligibles (les fameuses listes), aire géographique réduite: peu de moyens matériels à mettre en ligne, et meilleur impact sur les électeurs. Le Maire de Paris ou de Marseille est "légalement" l'égal de celui de Vaison la Romaine ou de Saint Beauzille de la Sylve: UN MAIRE "comme les autres". Les moyens à la disposition d'un Conseil Général sont sans commune mesure avec ceux d'une Mairie, aussi grande soit-elle. Plus discret, moins visible, le conseiller Général a plus de moyens qu'un Conseiller Municipal. Maires et Conseillers Généraux sont décisifs dans l'élection des Sénateurs. - jouer "la société Civile", les socio-professionnels contre les Notables. Artisans, commerçants, quelques professions libérales, mais aussi cadres, employés et Agents de Maîtrise, sans oublier naturellement les fonctionnaires, sont "l'eau" dans laquelle vivra le Mouvement pendant les années à venir. Partout où il y aura des listes, ils doivent être majoritaires. NB pour les pointilleux: la parité rigoureuse évidemment; dieu merci, les femmes ont suffisamment conquis le terrain professionnel pour que les termes employés ci-dessus soient devenus "neutres", ni masculin ni féminin. 36000 Communes, et 20 grandes agglomérations : le calcul "démocratique" (la loi du plus grand nombre) est vite fait: occupons les campagnes, les montagnes, le "désert français". A long terme, c'est l'ennemi qui pliera bagage. Démocratiquement vôtre, Thucydide.
Date de création : 28.09.2007 @ 07:57
Dernière modification : 28.10.2008 @ 16:46
Catégorie : Analyses
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